UN PEU D'HISTOIRE

HISTOIRE - ANTIQUITE

L'histoire de la lutte organisée contre les incendies commence au temps de l'Égypte ancienne, où des pompes manuelles ont peut-être été employées pour éteindre des incendies. Cependant, de telles tentatives étaient d'une ampleur limitée lorsqu'on les compare aux grandes organisations qui se sont développées ensuite à Rome et dans de nombreuses autres villes. La première brigade de pompiers romains (les Vigiles urbani) a été fondée avec pour mission de combattre le feu au moyen de seaux et de pompes pour transporter l'eau, mais également de divers outillages incluant jusqu'à des catapultes permettant de détruire les maisons avant l'arrivée des flammes afin de contenir le foyer de l'incendie.
Rome a subi de nombreux incendies d'une ampleur importante, notamment le plus connu qui commença aux abords du Circus maximus le 19 juillet 64 et détruisit plus des deux tiers de la ville de Rome. Le peuple qui cherchait un responsable pour ce désastre se tourna vers l'empereur Néron qui était suspecté de vouloir immortaliser son nom en renommant Rome Neropolis. Celui-ci rejeta finalement la responsabilité sur une petite communauté orientale, celle des chrétiens. On raconte à propos de cet incendie qu'un Romain serait devenu très riche en achetant des propriétés lors de l'avancée des flammes et utilisant des équipes d'esclaves pour lutter contre l'incendie afin de préserver ses nouvelles acquisitions des flammes.
Plus récemment, une autre cité de grande taille qui connut un tel besoin d'organisation pour lutter contre les incendies est la ville de Londres, qui connut d'importants incendies en 798, 982 et 989, ainsi que le grand incendie de Londres en 1666. Cet incendie, qui commença dans la boutique d'un boulanger consuma une surface d'environ 5 km² de la ville, laissant dix mille personnes sans habitations.

HISTOIRE - LA REVOLUTION INDUSTRIELLE

Les premiers tuyaux d'incendie furent mis au point par l'inventeur néerlandais Jan Van der Heiden en 1672. Ils étaient fabriqués en cuir souple et assemblés tous les 15 mètres à l'aide de raccords en laiton. La longueur et les raccords ont donné naissance aux normes actuelles.
À la même époque, aux États-Unis, la ville de Jamestown, Virginie a été complètement détruite par un incendie au mois de janvier 1608. Un système de " surveillants " des incendies fut mis en place dans la ville de New York en 1648. Les surveillants avaient pour mission de patrouiller à travers la ville en inspectant les cheminées des bâtiments. Les tours de garde étaient réalisés par huit personnes, qui réveillaient les habitants pour combattre l'incendie, si nécessaire avec de simples seaux d'eau. À Boston, les importants incendies qui eurent lieu en 1653 et 1676 ont incité la ville à prendre d'importantes mesures pour lutter contre les incendies.
La pompe à incendie fut développée par le londonien Richard Newsham en 1725. Amenées telles des chariots jusqu'au lieu de l'incendie, ces pompes manuelles étaient servies par des équipes de plusieurs hommes et pouvaient délivrer jusqu'à 12 litres d'eau par seconde et ce jusqu'à une hauteur de 40 mètres.
Benjamin Franklin créa en 1736 à Philadelphie la Union Fire Company, première compagnie de volontaires en Amérique. Il n'y eu pas de pompiers salariés à plein temps en Amérique avant les années 1850. Même après la formation de compagnies de pompiers professionnels aux États Unis, les problèmes de désaccords et de maîtrise de la répartition des territoires existaient encore. Les compagnies de New York furent réputées pour envoyer des coureurs portant de grands tonneaux permettant de recouvrir les bouches d'incendie avant l'arrivée des pompes à incendies. Des combats éclataient couramment entre les coureurs et mêmes les compagnies de pompiers correspondantes, afin d'avoir le droit de combattre le feu, et ainsi obtenir l'argent qui sera donné à la compagnie qui aura combattu l'incendie.
À la suite de l'incendie de l'ambassade d'Autriche de 1810, où périt Pauline von Schwarzenberg, la belle-sœur de l'Ambassadeur, Napoléon Ier créa le premier corps professionnel de sapeurs-pompiers. Il organisa les pompiers de Paris sous la forme d'un corps militaire par le décret du 18 septembre 1811. C'est depuis ce décret que le terme sapeur-pompier est utilisé officiellement.
Au Royaume-Uni, la première compagnie organisée de pompiers fut créée à Édimbourg, Écosse, lors de la fondation des établissements Edinburgh Fire Engine Establishment en 1824 par James Braidwood. Londres suivi en 1832 avec les établissements London Fire Engine Establishment.
Le premier camion à vapeur hippomobile pour le combat contre le feu a été inventé en 1829, mais il ne fut pas accepté dans la lutte contre les incendies avant l'année 1860, puis il fut encore oublié pendant deux autres années. Les pompes à incendie à moteur à combustion interne arrivèrent en 1907. Construites aux États-Unis, elles menèrent au déclin et à la disparition les moteurs à vapeur dans les années 1925.

ÉQUIPEMENTS DE PROTECTION

Les risques de l'activité rendent indispensable l'utilisation d'équipements de protection individuelle (EPI). Les tenues les plus modernes se composent de vêtements proches du corps (chemise et pantalon) ignifugés, et d'une veste de protection textile (parfois encore en cuir) et d'un sur pantalon particulièrement résistants. La présence d'une couche d'air entre les vêtements et les survêtements est importante pour ralentir la progression de la chaleur (effet isolant).

Le sur pantalon, la veste de protection, le casque, les bottes et les gants doivent protéger contre les dangers suivants :
"chaleur et feu (incendie) : les vêtements doivent être ignifugés, stables, ralentir la progression de la chaleur vers la peau, empêcher la pénétration de vapeur (générée par l'arrosage du feu), et couvrir la totalité de la peau ; cette protection contre la chaleur est assurée par la fibre du tissu et la couche d'air située entre le pantalon et le sur pantalon. En effet, une tenue de casernement doit impérativement être portée en dessous de la tenue feu (tenue d'intervention)

"risque mécanique : déchirure, abrasion ;
" chimique : empêcher la pénétration de liquides et résister aux principaux agents agressifs
(comme l'acide chlorhydrique et la soude) ;
"risque de coup de chaleur et de déshydratation : évacuation de la chaleur et de la transpiration générées
par l'effort ;
"électrique : possibilité de contact accidentel avec des fils mis à nu ;
"visibilité de nuit : les vêtements comportent des couleurs vives et des bandes rétro-réfléchissantes.

Le casque doit en outre protéger contre les chocs. Les pompiers portent également un appareil respiratoire isolant (ARI) se composant d'un masque facial transparent couvrant tout le visage et relié à une bouteille d'air comprimé avec détendeur.
Les bottes doivent maintenir la cheville (pour éviter les entorses), avoir des semelles antidérapantes, antiacide et anti-perforation, ainsi qu'une coque anti-écrasement.
Pour les interventions spéciales, une tenue adaptée est d'application:

"une tenue aluminisée, protégeant du rayonnement de certains types de feux (hydrocarbures ou gaz). La version lourde (complètement étanche et autonome) permet également de traverser les flammes pendant quelques dizaines de secondes
"une tenue de protection contre les hyménoptères (guêpes, abeilles, ...) ;
"une tenue anti-gaz (dans certains pays, lors de fuite de gaz) ;
"une tenue chimique, protégeant des agents chimiques ou biologiques nocifs. Elle peut être lourde (complètement étanche et autonome) ou légère (ne protégeant que des projections) ;

"une tenue de radioprotection contre les rayonnements radioactifs ;
"une tenue de tronçonnage ;
"une tenue d'escalade (pour les groupes spécialisés) ;
"une tenue de plongée (pour les groupes spécialisés).

HISTOIRE - ÉPOQUE ACTUELLE

Aujourd'hui, le combat contre le feu demeure un mélange de volontaires et professionnels. Typiquement, les services du feu des secteurs ruraux se composent essentiellement de volontaires tandis que les pompiers à temps plein dominent dans les villes et les secteurs urbains, même s'il y a parfois des exceptions locales.